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  • philippchmel

Scandale sexuel dans The Voice aux Pays-Bas – Procès de Bart De Pauw



Après la condamnation de l’ancien producteur de télévision Bart De Pauw pour harcèlement à l’égard de plusieurs de ses employées, un documentaire est revenu sur l’affaire : « Le procès dont personne ne voulait » (Het proces dat niemand wou) et donne la parole à huit victimes. Peu de temps après, un épisode de BOOS (« colère », en français) sur YouTube concernant The Voice a confirmé s’il le fallait encore que l’intimidation et la violence sexistes font toujours partie intégrante de l’industrie du divertissement.


La dépendance et l’insécurité alimentent les violences sexuelles


Ce que racontent les victimes est révoltant. Malheureusement, de nombreuses femmes se reconnaitront dans ces témoignages. Plus de 80% des victimes d’agression sexuelle connaissent l’auteur des faits. C’est généralement une personne dont la victime dépend d’une manière ou d’une autre, comme un patron ou un partenaire. Les deux documentaires illustrent comment les auteurs ont utilisé cette dépendance pour abuser leurs victimes et s’assurer leur silence. Bart De Pauw, la rappeur Ali B et le chef du groupe de l’émission The Voice Jeroen Rietbergen se sont rendus coupables de terreur psychologique en menaçant les victimes ou en leur promettant de favoriser leur carrière si elles se taisaient.

Heureusement, depuis #MeToo, les victimes se sont manifestées en masse pour témoigner de leur vécu. Maaike Cafmeyer et Liesa Naert racontent dans « Le procès dont personne ne voulait » pourquoi elles n’avaient initialement pas eu le courage de raconter leur histoire : par peur de ne pas être crues, de voir leur carrière être détruite ou d’être accusées d’avoir provoqué l’agression sexuelle. De nombreuses victimes ont ainsi été poussées à garder le silence, même quand il s’est avéré qu’elles n’étaient pas seules. Ces témoignages démontrent combien il est difficile de se présenter comme victime dans une société où les victimes ne sont pas crues, pas même par les tribunaux et la police.

De façon parfaitement scandaleuse, les avocats de Bart De Pauw ont utilisé l’évolution positive que représente #MeToo pour le présenter comme une victime du « changement de mentalité ». C’est très clairement de la culpabilisation des victimes dans le cadre d’une campagne d’intimidation visant à faire taire celles-ci ou à les décrédibiliser.


Les victimes ne sont aucunement responsables :


c’est l’ensemble de ce système qui considère le silence comme la norme, ce sur quoi s’appuient les agresseurs et harceleurs.

Le lendemain de la diffusion du documentaire BOOS, des employées de Talpa, la société de médias de John de Mol, ont publié un texte dans un journal avec pour message sans équivoque : « Cher John, ce n’est pas la faute des femmes ». John de Mol est le milliardaire créateur de The Voice. Dans le documentaire, il affirme que les victimes auraient dû donner l’alerte plus tôt alors que lui-même est resté aveugle à la culture de la peur et de l’abus de pouvoir dans son entreprise. C’est la raison pour laquelle une seule victime avait porté plainte avant l’accusation collective. L’ère où la culpabilisation des victimes régnait en maître a assez duré. Les victimes doivent être crues.


Un problème systémique exige une riposte systémique


Bart De Pauw et son entourage affirment que #MeToo est « allé trop loin ». Les deux documentaires montrent bien qu’il n’en est rien. Les victimes qui se manifestaient avant #MeToo n’étaient pas prises au sérieux et les agresseurs étaient protégés. Dans le meilleur des cas, l’auteur recevait un blâme. Pour John de Mol, la seule chose qui importait était que ses programmes continuent de lui rapporter du fric. Voilà pourquoi les plaintes des victimes n’ont pas été considérées comme un signal d’alarme.

La pénurie générale de refuges et de structures d’assistance pour les victimes d’abus sexuels renforce tout cela. Le manque de moyens joue à la faveur des abus de pouvoir, tout comme le manque d’indépendance financière.

L’argent ne manque pas, mais il n’est pas équitablement réparti. Mettre fin à l’oppression signifie que plus personne ne puisse bénéficier de l’oppression d’un.e autre. Ce projet est celui d’une autre société, où chacun reçoit ce dont il a besoin et donne ce qu’il peut. Comme le disait Marx : « De chacun selon ses possibilités, à chacun selon ses besoins » !

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