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Pologne. Nouvelle attaque sur le droit à l’avortement en pleine deuxième vague du CoVid!

En pleine montée vertigineuse des cas de Covid-19 en Pologne, et alors que le pays est en confinement partiel ou total, le gouvernement polonais -auxquels participent le PiS conservateur et une formation d’extrême droite- a porté un nouveau coup aux droits reproductifs des femmes, cette fois en provenance de la Cour constitutionnelle.


La décision de la Cour prévoit que l‘avortement soit formellement considéré comme inconstitutionnel, s’il est pratiqué en cas de malformation ou de dommages importants du fœtus. Cette décision donne le feu vert pour étendre la loi existante déjà restrictive sur l’avortement vers une interdiction complète. Le régime du PiS vient de nouveau de faire un retour dans le passé et fait de la Pologne un pays encore plus réactionnaire concernant les droits démocratiques comme le droit à l’avortement.

Alors que le système de santé est au bord de l’effondrement et des milliers de travailleurs souffrent des effets de la crise en raison de la réduction des salaires et des suppressions d’emplois – le gouvernement du PiS a décidé de s’attaquer à nouveau aux femmes et à leurs droits reproductifs, en continuant sa tradition politique autoritaire et conservatrice. L’«indépendance» de la justice bourgeoise se révèle une fois de plus utopique, et dans ce cas presque une farce. Pas la première fois que le droit à l’avortement est attaqué Cette attaque intervient très vite après la précédente. Jusqu’à il y a environ six mois, la loi sur l’avortement autorisait l’avortement en cas de viol, de malformation ou de problèmes de santé du fœtus et s’il y avait un risque pour la vie ou la santé de la mère.

Même alors, cependant, le médecin avait le droit d’invoquer son “objection de conscience” et de refuser de pratiquer l’opération. Dans ce cas, cependant, il devait proposer à la femme un autre médecin ou une clinique qui accepterait de pratiquer l’avortement.

Il y a six mois, le parlement polonais a aboli cette obligation et les femmes ont dû elles-mêmes aller chercher le médecin qui accepterait de pratiquer l’avortement, ce qui est très difficile étant donné que dans des provinces entières, quasiment aucun médecin n’aurait accepté. Il y a même eu des cas où des médecins ont menti sur l’état du fœtus, de sorte que la femme ne puisse pas se faire avorter. Depuis le 22 octobre, conformément à la décision de la Cour constitutionnelle, le cas de déformation foetale cesse d’être valable. Jusqu’à présent, la grande majorité des avortements étaient pratiqués en raison d’un diagnostic de malformation fœtale. Il est donc assez clair que cette décision équivaut à une abolition de l’avortement dans la pratique.

En fait, le PiS et l’extrême droite vont très probablement utiliser l’arrêt de la Cour constitutionnelle pour continuer à jouer leur jeu politique au détriment de la vie et de la santé des femmes dans le contexte parlementaire. Le PiS et ses alliés conservateurs ont une majorité au parlement, mais leurs opinions autoritaires ne sont pas adoptées par la majorité de la société!

Des mobilisations massives Quelques heures après l’annonce de la décision, des mobilisations et des manifestations spontanées de masse ont été organisées, d’abord à Varsovie et dans d’autres villes. Malgré la violence policière extrême et la répression, les manifestations se sont poursuivies dans les jours suivants. Samedi 24 octobre, des marches ont eu lieu dans 42 villes. La manifestation du 25 octobre à Varsovie a été d’une taille impressionnante, et il y a une volonté pour continuer à se mobiliser. Les mobilisations étaient spontanées et soutenues par des organisations féministes libérales ou de gauche et anarchistes. Il y a également eu des affrontements entre groupes libéraux et anarchistes, lorsque ces derniers ont attaqué les structures et les bâtiments de l’Église catholique et certains libéraux ont tenté de les arrêter en avertissant la police.

Des actions de solidarité ont également eu lieu dans d’autres pays, comme à Bruxelles ou en Autriche.

La lutte des personnes LGBTQI+ en Pologne Les personnes LGBTQI+ ont été soumises à des violences similaires à celle contre le droit à l’avortement au cours de l’été, lorsqu’elles ont organisé une série de manifestations pour protester contre la restriction de leurs droits dans le pays. Depuis plusieurs mois maintenant, de nombreuses municipalités ont criminalisé les personnes LGBTQI+ et l’utilisation de leurs symboles tels que le drapeau arc-en-ciel, déclarant leurs territoires « zones libres de l’idéologie LGBTQI »! En même temps, dans un certain nombre de cas, certains fonctionnaires LGBTQI+ ont été victimes d’intimidation, ce qui fait que certains ont démissionné. Ces faits expliquent aussi pourquoi les personnes LGBTQI+ participent aux manifestations des femmes pour l’avortement et les soutien

nent activement.

L’Église catholique est extrêmement puissante en Pologne et a une grande influence sur la société. Comme elle soutient une interdiction totale de l’avortement, il y a une montée du sentiment anticlérical dans la société. Dans certains cas, les organisateurs des manifestations ont appelé les fidèles à quitter les églises et à ne pas participer au service: ces appels ont eu un impact assez important. A Varsovie, aux manifestations de dimanche, il a été constaté que des groupes fascistes se sont ralliés avec des groupes de l’Eglise pour attaquer les manifestants. L’Eglise fait appel aux hommes pour qu’ils empêchent les femmes à attaquer les églises. Lier le mouvement féministe au mouvement des travailleur.ses Des organisations de gauche, dont ROSA Polska – un groupe féministe affilié à ROSA Belgique et ROSA International – appellent à un maximum des mobilisations et à ce qu’elles soient liées au mouvement des travailleur.ses. Plusieurs syndicats ont déjà exprimé leur soutien aux mobilisations, tandis que les conducteurs de taxis et les travailleurs de la poste y participent activement. Malgré les difficultés posées par la réalité de la pandémie, ces organisations appellent le mouvement féministe à aller au-delà des manifestations symboliques, à pousser vers l’implication des syndicats ainsi qu’à un appel de grève pour que les revendications du mouvement féministe soient intégrées à celles du mouvement des travailleur.ses.

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