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  • Marina Kontara

Sonnette d’alarme pour les soins aux personnes trans en Belgique

Les listes d'attente pour les personnes transgenres continuent de s'allonger jusqu'à aujourd'hui. Ceci avec toutes les conséquences psychologiques et physiques, y compris pour certains un risque accru d'exposition à la violence.


Par la Campagne ROSA


La Covid19 met une fois de plus en évidence les pénuries inquiétantes dans le secteur des soins.

En 2020, la santé publique est devenue un sujet brûlant dans les médias et les débats politiques. Cependant, la santé publique sous les projecteurs n’est pas un joli tableau, même en Belgique.

On voit partout des infirmières fatiguées, incapables de suivre le flux des patients. Nous sommes effarés par le manque de ressources dont le secteur des soins souffre et des conséquences que cela a sur la qualité des soins. Nous déplorons le report souvent dangereux des examens/traitements qui résulte de ces pénuries de personnel, de ressources et d’accessibilité.

Malheureusement, ces pénuries ne sont pas nouvelles. Au contraire, le secteur de la santé a pris des mesures à plusieurs reprises, bien avant la pandémie CoVid19, pour dénoncer ces problèmes.

La pandémie pousse maintenant rapidement de plus en plus de personnes dans des conditions précaires, malsaines et mortelles, en partie à cause des années de coupes néolibérales et de privatisations des soins de santé. Même dans les pays où les opérations chirurgicales sont possibles pour les personnes transgenres qui le souhaitent, les listes d’attente pour les équipes transgenres dans les hôpitaux s’étendent souvent sur des mois ou des années.


Des soins de santé non essentiels?

Au cours de la période du premier confinement, il y avait peu de place pour les soins de santé « non essentiels » ou « non vitaux ». Les listes d’attente pour les personnes transgenres se sont donc allongées et continuent de s’allonger jusqu’à aujourd’hui. Ceci avec toutes les conséquences psychologiques et physiques, y compris pour certains un risque accru d’exposition à la violence.

L’accès au soutien médical (physique et psychologique) est très limité. Les ressources qui sont toujours promises par le gouvernement tardent à venir. Ils devront être répartis sur l’ensemble du système de santé, qui souffre d’importantes pénuries dans tous ses aspects (un pansement qui colle partout sur les plaies). Et ils ne répondront certainement pas aux besoins réels, car ils ne viennent qu’après des années de coupes et de sous-investissement dans l’ensemble du secteur des soins de santé. Transgender Care Belgium tire en effet la sonnette d’alarme pour laquelle la politique est restée sourde pendant tant d’années.


Il faut agir maintenant!

Nous n’avons pas besoin de mots vides de sens. Nous n’avons pas besoin de débats interminables sur les investissements possibles après des années d’économies réelles et importantes.

Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’un investissement massif qui renforcera le secteur des soins de santé bien au-delà de ce qu’il était avant toutes ces réductions. Le secteur de la santé concerne la vie et le bien-être de l’ensemble de la société. Il faut lui donner l’oxygène (et donc les moyens) d’être suffisamment fort pour remplir cette tâche sous tous ses aspects, pour le bien-être de tous.

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